Disposer de son propre serveur web :

Bonjour à tous ! Et bienvenue pour ce premier tutoriel de notre sous-section dédiée à la partie technique du projet WASABI ! Sans doute le plus important de tous, puisqu’il vous permettra de disposer de votre propre serveur web, sur lequel vous pourrez ensuite installer une multitude de sympathiques logiciels (ce à quoi vous aideront nos prochains tutos).

Dis comme ça, pour un néophyte, l’intérêt de l’opération (et peut-être, ce en quoi elle consiste), n’est pas forcément évident. Rassurez-vous, on ne cherche pas à vous perdre dès notre deuxième paragraphe (ce serait très fun, mais il y a des limites à notre sadisme), on va donc vous faire un récapitulatif complet du fonctionnement de la chose.

I) Un serveur web, kesaco :

1) Définition (chiante, mais nécessaire) :


« Un serveur est littéralement une entité qui effectue un service ». C’est l’une des premières chose que vous apprendrez si vous vous rendez sur la page Wikipédia dédiée au sujet. Si vous avez le courage de continuer à l’article, vous découvrirez alors que « Un serveur web est, soit un logiciel de service de ressources web (serveur HTTP), soit un serveur informatique (ordinateur) qui répond à des requêtes du World Wide Web sur un réseau public (Internet) ou privé (intranet), en utilisant principalement le protocole HTTP ». C’est à ce moment précise de votre lecture que vous devrez commencer à vous dire que vous n’êtes guère plus avancé, et que vous êtes en train de perdre votre temps… et laissez-moi vous le dire, vous avez complètement tort !


En réalité, les serveurs web jouent un rôle clef dans le bon fonctionnement d’internet, et vous y avez recours tous les jours. Il s’agit simplement d’une machine qui stock des données, qu’elle renverra à votre ordinateur si celui-ci en fait la requête. Ces données seront celles qui permettront à votre navigateur (Firefox, Chrome…) d’afficher un site web, votre boîte mail, une application… et bien d’autres choses !


Si vous utilisez déjà ces machines sans forcément y penser, l’idée de ce tutoriel sera de vous permettre de le faire de manière plus active, en administrant vos propres serveurs, sur lesquels vous pourrez installer les logiciels et site web qui vous conviennent le mieux.


Mais pourquoi choisir d’utiliser vos propres machines plutôt que celles que vous proposent bien gentiment les GAFAMs ? Quels enjeux se cachent derrière cette problématique ? C’est ce que nous allons maintenant voir.

2) Les enjeux autour des serveurs web :


Évidemment, sur le plan de l’éthique numérique, tous les serveurs web ne sont pas équivalents (loin de là). Derrière ses simples machine se cachent en effet de nombreux enjeux. L’un d’eux est environnemental. Vous avez sans doute entendu parler des datacenters. D’ailleurs, vous avez peut-être déjà tout appris sur le sujet, à travers notre incroyable article, plus général, sur les enjeux environnementaux du numérique. Si ce n’est pas le cas, on vous invite vivement à la consulter avant d’aller plus loin, vous apprendrez plus d’infos utiles sur les problèmes qu’ils représentent.

Vous avez eu la flemme de vous lancer dans un autre article et continuez celui-ci ? On ne peut pas trop vous en vouloir, on aurait sans doute fait pareil… mais ce n’est pas une raison ! Bon, comme on est gentils, on va quand même rapidement rappeler les principaux enjeux autour de ces outils. Deux problèmes principaux se posent avec les datacenters : leur alimentation en électricité (qui représentait 18 % de la production de la production d’électricité mondiale en 2017) et la gestion de la chaleur engendrée (des machines qui tournent 24h sur 24, ça chauffe, et si la chose est mal gérée, la facture en climatiseurs peut très vite devenir salée). Il convient donc d’utiliser autant que possible des serveurs localisés dans des pays où l’électricité n’est pas majoritairement d’origine fossile (comme les États-Unis), et idéalement, de favoriser le renouvelable (certaines entreprises d’hébergement garantissent que leur infrastructure est alimentée uniquement à l’énergie propre). Pour ce qui est de la qualité du mix énergétique, la France est un assez bon candidat si vous vous demandez dans quel pays installer vos machines. D’autant que le localisme présente un autre avantage : plus vos serveurs seront proches des terminaux qui les solliciteront, moins le chemin parcouru par vos données sera long, ce qui présente aussi des avantages environnementaux.

Puisque l’on parle de pays hébergeur, même si l’on sort un peu de la question strictement écologique, il peut être intéressant d’aussi évoquer les divergences de réglementation nationale en matière protection des données personnelles. La législation américaine est souvent très critiquée (à tel point que la CNIL recommande aujourd’hui de cesser l’utilisation d’outils américains dans l’enseignement supérieur), alors que les standards européens se révèlent bien plus respectueux des utilisateurs (encore une bonne raison de choisir des infrastructures françaises, donc 😁)

Revenons à l’environnement avec la question du refroidissement. Là encore, des solutions existent ! Les systèmes chargés de réguler la température peuvent en effet être plus ou moins polluant, et dans certains cas, la chaleur excédentaire peu même être utilisée pour chauffer des bâtiments. Un facteur à prendre en compte, donc, lorsque vous faites le choix e votre infrastructure.


Et enfin, derrière le nombre de serveurs et circulation et la diversité des acteurs qui participent à leur gestion, on retrouve la question de la décentralisation d’internet. Aujourd’hui, l’essentiel du web est contrôlé par quelques acteurs, les GAFAMs, qui sont devenus des acteurs incontournables, dont la puissance colossale pose de plus en plus problème. Disposer de son propre serveur et y installer ses propres outils, c’est limiter, à son échelle, un phénomène de centralisation qui bénéficie aujourd’hui bien plus à des acteurs privés monopolistiques qu’à leurs utilisateurs.

3) Disposer d’un serveur web :


Alors, on vous a convaincu de l’intérêt de votre propre serveur web ? Vous n’attendez plus que de savoir comment ça marche ? Patience, patience, on y vient…


On y vient, mais en commençant par les sujets qui fâchent : il va falloir mettre la main au portefeuille. On l’oublie souvent, mais les machines qui permettent à internet d’exister sont bien réelles, concrètes et matérielles, ce qui veut dire qu’il y a forcément un coût derrière (il est bien souvent caché, mais comme le dit l’adage, quand c’est gratuit, c’est vous le produit). Rassurez-vous, rien d’excessif : pour une dizaine d’euro à l’année (si vous suivez nos conseils 😉) vous devriez pouvoir mettre en place vos premiers logiciels… et si vous voulez vous attaquer à l’ensemble des services WASABI, une centaine d’euros ne sera même pas nécessaire !


Dans cet article, on ne vous proposera pas d’acquérir vos propres machines et de les configurer. Ce serait beaucoup plus cher, compliqué… et pas forcément plus écologique ! En règle général, lorsque l’on s’auto-héberge, il est extrêmement compliqué de dimensionner précisément son infrastructure en fonction de ces besoins. En moyenne, chez les entreprises qui font le choix de garder leurs données en interne, 70% des capacités de leurs machines ne sont pas utilisées (et quand on connaît les coûts environnementaux qui se cachent derrière la fabrication d’un tel matériel, c’est du sacré gachis)


La meilleure option serait donc de louer un serveur web à un hébergeur en qui vous pouvez avoir confiance (pour ce qui est de l’écologie et de l’éthique), qui vous laissera l’administrer comme bon vous semble, sans pour autant que vous ayez à vous encombrer d’une machine physique.


Les offres proposant ce type de service sont multiples et il est parfois compliqué de se décider. Avec Agir, pour WASABI, nous avons opté pour un petit hébergeur français peu connu, mais dont la philosophie collait bien avec notre projet : Evx Online. Une petite structure qui œuvre pour l’écologie en propulsant un web mail écolo et en investissant dans des projets de protection de la planète, tout en alimentant une large partie de ses machines avec des énergies entièrement renouvelables avait tout pour nous séduire… sans parler des 30 % de réduction sur les hébergements mutualisés, lorsque vous êtes une association.


Évidemment, on ne cherche pas à faire une publicité particulière pour l’hébergeur, il de nombreux qui mériteraient de figurer autant que lui dans cet article. Si vous cherchez des listes de serveurs écologiques, nous pouvons vous conseiller celle-ci, celle-là (qui a qui plus est le mérite d’aborder de manière un peu plus précise que nous les méthodes dévaluation du caractère vert des hébergeurs), et si vous vous intéressez plus particulièrement à l’aspect logiciel libre / protection de la vie privée, ce site est fait pour vous (n’hésitez pas à nous en proposer de nouveaux dans notre rubrique contact si vous trouvez que ça manque 😉).

Tout ça pour vous prévenir que c’est LE service proposé par EVX qui nous servira de référence dans la suite de l’article. rences sont donc possibles par rapport à ce que vous trouverez chez d’autres hébergeurs (cela ne devrait pas poser trop de soucis si vous êtes chez un autre hébergeur, les fonctionnalités proposées et interfaces sont souvent extrêmement semblables, il faudra juste vous adapter un tout petit peu).


II) Fonctionnalité :


Ça va bientôt faire trois pages que l’on vous parle de ces fameux serveurs web, mais vous ne savez toujours pas concrètement quels services ils sont susceptibles de vous offrir, ni la manière dont vous pouvez les utiliser. Fort heureusement, c’est l’objet de ces paragraphes !


1) Le FTP et le transfert de fichier :


Nous voici désormais sur l’interface de gestion de notre hébergement mutualisé :


C’est depuis cette page que nous gérons l’essentiel de la partie technique de WASABI. Et que nous pouvons nous préparer à réaliser l’action qui est sans doute la plus utile dans ce type de service : transférer des fichiers !
Ça peut n’avoir l’air de rien, mais un site web, ce n’est jamais rien d’autres qu’un énorme tas de fichiers, que votre navigateur sera allé demander à un serveur, avant de le mettre joliment en forme. Ce qui signifie que pour mettre en ligne un service semblable à ceux proposés par WASABI, il vous suffira tout simplement de transférer les fichiers qui lui sont associés sur votre serveur web. Une fois que vous aurez réussi cette opération, vous aurez accompli 90 % de votre travail (si vous ne nous croyez pas, allez-vous spoiler nos autres tutoriels 😉).


Sur Evx, c’est relativement facile : vous avez un bouton gestionnaire de fichier, qui vous permettra de télécharger les fichiers que vous voulez depuis votre ordinateur… mais comme l’interface n’est pas toujours excellente, et que la plupart des autres hébergeurs ne proposent pas directement ce service, nous allons vous présenter la méthode traditionnelle de transfert de fichiers sur un serveur web : le FTP (File Transfert Protocole).


Quel que soit votre hébergeur, il vous permettra toujours d’ajouter à votre hébergement des comptes FTP, définis par un identifiant et un mot de passe (parfois vous les recevez, lors de votre inscription, par mail, un jeu de code pour votre compte FTP. Chez les autres hébergeurs, il faudra parfois le créer vous-mêmes, dans les paramètres).


Il vous faudra maintenant installer sur votre ordinateur un client FTP (promis, c’est la seule fois de ce tutoriel où l’on vous forcera à installer une application 😁). Vous pouvez opter pour le plus connu, Filezilla : c’est gratuit, et sans coût caché en termes de vie privée !


L’interface ressemble à ceci :

Rendez-vous dans le gestionnaire de sites (l’icône en haut à gauche) pour connecter l’application à votre serveur. Remplissez les différents champs comme suit :

note : dans 99 % des cas, il est inutile de remplir le champ port. Pour le champ Hôte, il faudra rentrer l’adresse IP de votre serveur ou le nom de domaine qui lui est associé. Si vous n’êtes pas familier avec cette notion, nous expliquerons de quoi il retourne dans la partie suivante de ce tutoriel.

Une fois ceci fait, vous aurez la possibilité de glisser vos fichiers de la partie gauche de votre écran (qui correspond au contenu de votre ordinateur) à sa partie droite (qui correspond au contenu de votre serveur)… et c’est tout ! Cette simple action suffit à transférer tous les fichiers que vous souhaitez (ce qui, dans de nombreux cas, revient à publier un site web).

2) Nom de domaine :


Maintenant que vous savez comment intégrer du contenu à votre serveur web, on peut passer aux choses sérieuses : comment le visualiser à partir d’un navigateur (firefox, Chrome…)


Il faudra tout simplement que votre navigateur envoie une requête à votre serveur, pour lui demander l’accès aux fichiers que vous y stockez. Pour cela, il va avoir besoin de son adresse IP, une suite de chiffre qui constitue sa carte d’identité. Elle se présente comme suit : 195.154.179.117


À chaque fois que vous accédez à un site web avec votre navigateur, vous utilisez ce type d’adresse, maispar un moyen détourné : le non de domaine. Une adresse du type wasabi.asso-sciences-po.ovh, qu’un serveur DNS va être chargé de traduire et de convertir en adresse IP.


Dans de nombreux cas, l’adresse IP et le nom de domaine seront interchangeables (par exemple, lorsque vous remplissez le champ Hôte dans un client FTP comme Filezilla)… mais malgré cette équivalence, il vous sera malheureusement quasiment impossible de vous passer d’un nom de domaine.


Pourquoi « malheureusement » ? Parce que le nom de domaine est payant, et ce, même si vous louez déjà votre propre serveur web ! Vous allez en plus, tous les ans, devoir débourser une petite somme d’argent pour vous payer votre nom de domaine. Rassurez-vous, ça ne devrait pas vous coûter trop cher (on loue notre nom de domaine en .ovh pour environ 5€ par an), à moins que vous optiez pour un domaine plus prestigieux (en .com, .fr… il n’y a aucune différence concrète avec les autres noms de domaines existants, c’est vraiment une simple question de classe).


La plupart des hébergeurs vous proposeront, au moment de votre inscription, d’acquérir pour un nom de domaine et de le rattacher à votre serveur web (certains peuvent aller jusqu’à vous offrir un nom de domaine, mais ils sont relativement rares). Au moment de l’achat, faite juste attention à une arnaque courante : le prix du renouvellement. Certains register (fournisseurs de nom de domaine) peuvent proposer des prix très faibles pour la première année, en espérant que vous ne constaterez pas que le prix du renouvellement du service d’une année à l’autre est particulièrement élevé…


Une fois que vous disposerez de votre domaine, l’intérêt est que vous pourrez créer autant de sous-domaines (et donc, de sites potentiels), que ce que vous désirez. Ainsi, vous avez accédé à ce site en utilisant le domaine wasabi.asso-sciences-po.ovh/, mais en réalité, il s’agit d’un sous-domaine que nous avons créé à partir du domaine asso-sciences-po.ovh. Pour notre logiciel de création de formulaires, on va utiliser un autre sous-domaine : forms.asso-sciences-po.ovh


Il est souvent relativement simple d’ajouter un sous-domaine à votre hébergement : dans l’offre d’Evx, par exemple, c’est l’une des premières icônes que vous trouvez, juste en dessous du titre : Site Web et Domaine.

3) Certificats de sécurité :


Une dernière petite chose sera nécessaire pour que votre site s’affiche correctement : il faudra lui adjoindre un certificat de sécurité. Votre navigateur refusera en effet de l’ouvrir s’il a des raisons de craindre qu’ils contiennent un virus ou autre élément potentiellement nocif pour votre ordinateur… et par principe, sur internet, mieux vaut considérer par défaut que tout est potentiellement dangereux !


Pour rassurer votre navigateur, un certificat de sécurité sera nécessaire. Dans la plupart des cas, votre hébergeur pourra vous en procurer un (et ceci, gratuitement). Par exemple, chez Evx, à chaque fois que vous créerez un nouveau domaine/sous-domaine, il vous sera proposé de le doter d’un certificat SSL/TLS, et vous pouvez toujours réaliser cette opération à posteriori à l’aide de l’option certificat SSL/TLS, disponible dans l’onglet Site Web et domaine.

4) Base données :


Avec ceci, vous avez déjà de quoi afficher un site web basique… mais parfois, la chose sera un peu plus compliquée et demandera la création d’une base de donnée. Il s’agit tout simplement d’une sorte de tableau virtuel, qui peut se révéler très pratique pour organiser et stocker des informations (nous verrons des cas concrets où il peut intervenir dans les tutoriels suivants 😉). Pour l’instant, retenez simplement que la plupart des hébergeurs vous donnent le droit de créer des bases données

5) Et c’est pas fini :


Évidemment, un hébergement web peut vous offrir de nombreuses autres fonctionnalités. Celles-ci varient en fonction des fournisseurs, mais généralement, vous pourrez disposer de boîtes mails, d’application d’édition de site web (comme WordPress) directement intégrée…


On compte bien vous les faire découvrir dans de nouveaux articles, mais pour l’heure, on arrive à la fin de ce tutoriel…


III) Conclusion


Si notre petite présentation vous a convaincu de vous lancer dans la location de vos propres serveurs, pour vous autonomiser et améliorer un petit peu votre éthique numérique, n’hésitez pas à vous lancer dans une offre à faible prix, pour ensuite améliorer votre infrastructure par la suite. Ce n’est pas un grand risque : à titre d’exemple, l’offre d’hébergement mutualisé perso proposée par Evx vous coûtera seulement une dizaine d’euros par an (avec la réduction pour les associations, et sans compter le nom de domaine), ce qui reste relativement raisonnable sachant qu’elle vous permettra de publier au moins un site ou service web.


Ces sites et ses services, on vous les présentera très vite dans les tutoriels suivants, et on vous apprendra à les installer et les utiliser au mieux. On vous attend très vite pour se lancer dans cette aventure !


À bientôt !

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